Renaud raconte son difficile retour en studio : « Je bougonnais écroulé sur un canapé »

C’est aujourd’hui que Renaud a opéré son comeback en dévoilant son nouveau single « Toujours debout », annonciateur d’un disque portant le même nom et disponible début avril. Le premier depuis « Molly Malone – Balade irlandaise » (2009) ! Le premier aussi depuis qu’il a décidé de reprendre sa carrière en main après plusieurs années de retrait liées à ses addictions.

C’est ce qu’il l’affirme dans son nouveau morceau, à travers lequel il règle aussi ses comptes avec plusieurs médias. « Je m’étais fait rare et les médias n’ont pas cessé de parler de moi, de délirer sur moi, de faire des « 50 Minutes Inside », des « Sept à Huit »… Ce qu’ils m’ont fait de pire ? C’est « Un jour un destin », comme si j’étais mort. La veille ils avaient fait Edith Piaf, Charles Trenet… » a-t-il expliqué à l’antenne de France Inter ce matin, réaffirmant qu’il envoie « un peu balader les médias en général », « tous ces sites internet qui fleurissent autour de » lui et qui l’ont « un peu gonflé ». « Il y a le pire et le meilleur sur Internet » a-t-il d’ailleurs souligné.

« On ne peut pas aller mieux que moi »

L’interprète de « Manhattan-Kaboul » a profité de cette intervention pour rappeler qu’il est en meilleure forme aujourd’hui. « On ne peut pas aller mieux que moi, je me lève très tôt le matin, je lis, je rattrape le temps perdu, ces années noires pendant lesquelles je n’ai pas lu… Tout en fumant cigarette sur cigarette malheureusement » a-t-il déclaré, précisant le genre de lecture qui l’occupait durant de longues heures en ce moment : « Je lis un livre sur l’économie, la dette, le capitalisme… et tout ce genre de choses qui foutent les gens à la rue, qui licencient et qui font des profits énormes sur ces licenciements soi-disant économiques ». Toujours aussi direct, l’artiste n’a pas sa langue dans sa proche et n’hésite pas à parler de la phase douloureuse qu’il a traversée durant sa longue absence.

« Le dragon qui sommeille au fond de moi a craché sa flamme »

En effet, interpellé par des touristes dans un bistrot du Vaucluse où il s’était réfugié, Renaud avait tendance à répondre qu’il ne « chanterait plus », qu’il n’avait « plus d’inspiration » et qu’il ne « remonterait plus sur scène ». Mais la rencontre avec Grand Corps Malade a été déterminante, Renaud ayant accepté de chanter le titre « Ta batterie » pour son dernier album « Il nous restera ça… » sorti l’an dernier. « Ça m’a redonné le goût de l’écriture. Le dragon qui sommeille au fond de moi a commencé à cracher sa flamme. En 15 jours j’ai torché 14 chansons » a-t-il détaillé, avant de raconter son difficile retour en studio, en Belgique, il y a quelques mois.

« Je suis arrivé à Bruxelles au bout de trois jours de Ricard et de Pastis… A raison d’un litre par jour. Je ne pouvais pas chanter… Je bougonnais écroulé sur un canapé. Je rendais les gens malheureux autour de moi » a-t-il rapporté, affirmant qu’il a ensuite très rapidement décidé d’arrêter de boire. « Au bout de huit jours je commençais à chanter pas mal. J’avais retrouvé du souffle et de l’énergie. Depuis j’ai chanté, chanté, chanté… écrit, écrit, écrit…Je marche droit, je ne titube plus ». Fort d’une santé retrouvée, Renaud confirme qu’il remontera sur scène cette année pour une série de concerts dans les Zénith cet automne, à partir du 1er octobre, et qui fera escale en Belgique, en Suisse et même au Québec. « Je suis un peu un phénix qui renait de ses cendres » a-t-il conclu, annonçant le « Phénix Tour » qui l’occupera jusqu’au printemps 2017.