Hockey/Coupe de France : Lhenry-Mortas, quand rivalité rime avec amitié

Fabrice Lhenry, entraîneur de Rouen, et Anthony Mortas, entraîneur-adjoint d’Amiens, se connaissent parfaitement. Ayant seulement deux ans d’écart, l’ex-gardien et l’ex-attaquant se sont longtemps côtoyés en Équipe de France, participant ensemble à 8 Mondiaux et 2 Jeux Olympiques. Côté clubs, ils ont été adversaires durant 13 saisons dans le championnat de France élite. Rencontre avec ces deux figures du hockey français, à l’approche de la finale de Coupe de France opposant les Dragons aux Gothiques, ce dimanche 16 février à l’AccorHotels Arena.

Entre la qualification pour la finale de Coupe de France et les premiers rôles joués en saison régulière de Synerglace Ligue Magnus, on peut dire que les voyants sont au vert pour les Dragons et les Gothiques ?

Fabrice Lhenry : On tourne bien depuis le mois de décembre. Après un début de saison un peu compliqué, on a réussi à remonter au classement. Nous n’avions pas de Coupe d’Europe à jouer cette année donc la Coupe de France représentait un véritable objectif principal. C’est toujours compliqué de se qualifier à chaque tour sur un seul match, mais c’est aussi ça la magie de la Coupe. Les joueurs ont bien adhéré au projet et ont fait tout ce qu’il fallait pour aller au bout. Maintenant, il reste à remporter cette finale !

Anthony Mortas : De notre côté, c’est un peu l’inverse. On a démarré la saison en « marchant sur l’eau » et en enchaînant les victoires. On savait que la réussite allait tourner à un moment et le mois de janvier s’est révélé plus difficile, avec un effectif pas épargné par les blessures. On a quand même réussi à se maintenir dans le Top 4 et à se qualifier pour la finale de Coupe de France, dont nous avons le titre à défendre. Les joueurs se rappellent des moments de liesse de l’an passé et ont envie de les revivre, qui plus est dans une AccorHotels Arena qui s’annonce remplie (ndlr : la finale se jouera à guichets fermés).

Que représente une finale de Coupe de France à l’AccorHotels Arena pour un hockeyeur français ?

FL : C’est la fête de l’ensemble du hockey français dans la plus belle patinoire de France. Il faut qu’elle perdure car c’est un très bel événement, qui peut faire parler de notre sport. Les multiples diffusions TV prévues sont d’ailleurs une excellente chose. Tout le monde a envie d’être acteur sur ce match. Les joueurs travaillent tous les jours pour vivre des instants comme cela. C’est une superbe récompense.

AM : La Coupe de France est un bonus, un aparté dans le quotidien du championnat. À chaque tour, c’est un peu comme un match 7 de playoffs. On doit jouer un hockey total et il peut y avoir des surprises. Je n’avais jamais eu la chance de disputer une finale en tant que joueur, l’an passé j’ai découvert cela en tant que coach adjoint. Et j’aimerais bien revivre des émotions aussi fortes !
Et quel regard portent les joueurs étrangers sur cet événement si particulier dans la saison ?

AM : Ils adorent ! La plupart de nos joueurs n’ont ou n’avaient évolué que dans des enceintes de 3 000 ou 4 000 personnes. Là, on est confronté à plus de 13 000 spectateurs, ce qui est quasiment unique dans leur vie de sportif. Quand on va jouer chez des clubs de D2 ou D3 dans les tours précédents, ils peuvent être parfois surpris des infrastructures : on leur explique que le chemin est un peu sinueux mais que l’aboutissement est magique. La Coupe de France fait vraiment partie du projet amiénois depuis deux ans.

FL : Nous aussi, on explique dès le début de saison le fonctionnement de la Coupe de France et jusqu’où cela peut nous emmener. Tous ceux qui ont déjà connu cet événement veulent y retourner et l’expliquent aux autres, donc cela fait effet boule de neige. Ils savent en plus que c’est la même patinoire que lors du Championnat du Monde à Paris, donc ils connaissent bien le lieu.

D’après vous, sur quoi peut se jouer cette finale ?

FL : Les joueurs devront d’abord faire abstraction de cet environnement si particulier pour bien rentrer dans le match. La discipline sera importante face à l’un des meilleurs powerplays de la SLM. Et sur un match sec, il faut aussi de la réussite pour l’emporter, d’autant que les deux équipes sont vraiment proches et se connaissent très bien.

AM : Je rejoins ce que dit Fabrice. À mon avis, cela va être un match très serré et tactique. Avec deux belles défenses de chaque côté et deux excellents gardiens, cela peut se jouer sur un seul but… On l’a vu dans les deux matches à Amiens, où à chaque fois un seul but a été marqué lors les deux premiers tiers…

FL : Vous pouvez donc dire aux supporters de ne venir qu’à partir du 3ème tiers ! (rires)

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