Hockey/Synerglace Ligue Magnus (quarts, play-offs) : Les Scorpions réintégrés

Coup de tonnerre dimanche (8 mars) sur les coups de 22 h 30. Éjectés des play-offs 24 heures plus tôt, les Scorpions de Mulhouse ont été autorisés à reprendre leur quart de finale contre Amiens. Menés 3-2, ils tenteront de revenir au score mardi à Cergy pour disputer un éventuel match 7 mercredi.

C’est un revirement de situation auquel on ne s’attendait absolument pas. Éliminés de la course aux play-offs d’une façon totalement arbitraire par la Fédération française de hockey sur glace, les Scorpions de Mulhouse ont été réintégrés tard dimanche soir. Pour rappel, la FFHG avait décidé samedi d’exclure le club mulhousien, puisqu’il n’était pas capable, en raison de l’épidémie de coronavirus, d’accueillir Amiens à l’Illberg. Et comme la préfecture de la Somme refusait de voir les Scorpions débarquer sur son territoire, la Ligue Magnus était dans une impasse. La solution la plus simple était donc de bannir les Scorpions des play-offs et de déclarer les Gothiques vainqueurs.

Mais la mobilisation mise en place par le club mulhousien a porté ses fruits. Abattu samedi soir, le président des Scorpions Mark Swenson est passé à l’offensive hier « pour mon staff, pour mes joueurs, pour mon club, pour tous ceux qui nous aiment ». Il a contacté les élus mulhousiens, afin qu’ils se rapprochent de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, ce qui a été fait. Un argument de poids qui a dû peser très lourd dans la balance et ramené la FFHG à la raison.

Cette dernière a implicitement reconnu ses erreurs, « et elle en a fait de très grosses », soulignait Mark Swenson. Depuis vendredi, les Scorpions n’avaient jamais été entendus par les hautes autorités du hockey français. Ils avaient d’abord proposé de jouer le match à huis clos. La Fédération avait refusé au prétexte qu’un match de hockey dépassait les 50 personnes. Ce que l’arrêté préfectoral interdisait explicitement. Sauf que l’article 1erconcernant les rencontres sportives est flou et ne fait jamais état d’une quelconque restriction, si la manifestation se déroule à huis clos.

Ils avaient ensuite demandé une pause dans le championnat, comme c’est le cas en ce moment en Suisse. Grenoble, adversaire du vainqueur Amiens-Mulhouse, avait même confirmé être en capacité d’attendre jusqu’au 15 avril, le temps que le dernier quart de finale se termine. Dernière idée mulhousienne : finir la série à Grenoble.

La FFHG n’avait retenu aucune de ces propositions. Et pire, elle aurait dû, en dernier recours, trouver une patinoire de repli pour le bon déroulement de la rencontre. Elle avait bien proposé de jouer le match à Cergy ce week-end, mais la glace était déjà occupée.

« On va en découdre avec Amiens »

Elle est libre cette semaine et cela libère un créneau pour le dernier quart de finale de la Ligue Magnus. Le match 6 se déroulera mardi. À condition que les Scorpions parviennent à s’organiser d’ici là : « Nous n’avons pas encore donné notre réponse, avance Swenson. Nous pouvons le faire encore tard dans la nuit (de dimanche à lundi). Je dois en parler avec les coaches et les joueurs et également régler le problème du transport. »

La FFHG ne sortira pas grandie de ce triste épisode. Et ce revirement de situation n’est que la preuve que le dossier a été géré à la va-vite. Les nombreux messages de soutien venus des quatre coins de la France et le millier de signatures sur la pétition « Pour que les Scorpions ne soient pas considérés comme des pestiférés » mise en ligne hier sur les réseaux sociaux sont autant de signaux forts. Même des illustres joueurs français n’y sont pas allés de main morte. Sur son compte Twitter, Sacha Treille, international tricolore et frère de l’entraîneur des Scorpions Yorick, a laissé un post sans équivoque : « J’ai honte de ma fédération ».

Tout ce tapage, le hockey français s’en serait bien passé. Mais les Scorpions de Mulhouse sont de retour sur la glace. Hier soir, la Fédération attendait le feu vert de Mark Swenson pour valider la réintégration de son groupe. Sa réponse a claqué comme un coup de revolver : « On va en découdre avec Amiens. » On les croyait perdus, les Scorpions sont de retour…

Luc Tardif et Eric Ropert, respectivement président et directeur général de la FFHG, étaient injoignables hier dimanche selon le journaliste de l’Alsace, Marc Calogero