Patinage artistique/Coronavirus : Les Mondiaux de Montréal annulés

Prévus la semaine prochaine à Montréal (16-22 mars), les Mondiaux de patinage artistique sont annulés, a annoncé mercredi la ministre de la Santé québécoise Danielle McCann.

« On venait juste de finir l’entraînement. Mais on savait que l’annonce devait tomber », explique au bout du fil Romain Haguenauer, l’entraîneur des quadruples champions du monde de danse sur glace, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron. Basés à Montréal depuis l’été 2014, les Français ne défendront donc pas leur titre « à la maison ». Ce mercredi, sur les coups de 20h30 en France, la ministre de la santé québécoise, Danielle McCann, a confirmé lors d’une conférence de presse que les Mondiaux de Montréal, prévus du 16 au 22 mars, étaient annulés en raison de la propagation du coronavirus. « Ce n’est pas une chose à laquelle je m’attendais il y a cinq jours. Un peu plus depuis hier (mardi) et avant-hier (lundi), a réagi Papadakis. J’espérais que ce soit maintenu, ou que ça soit au moins un championnat du monde à huis clos. »

La veille, Skate Canada (la fédération canadienne) et l’ISU (la fédération internationale) semblaient d’ailleurs tenir coûte que coûte au maintien de l’épreuve. L’ISU avait ainsi proposé des mesures préventives, notamment des contrôles de température pour assister aux Mondiaux. Selon un dossier d’information sur le coronavirus envoyé par l’instance aux patineurs, entraîneur, officiels et médias, toute personne dont la température serait supérieure à 38 °C ou qui présenterait des symptômes respiratoires aigus se verrait refuser l’entrée de la patinoire et serait placée à l’isolement.

La compétition reportée plus tard dans l’année ?

Seulement, depuis les annonces de l’OMS ce mercredi matin et le passage affirmé d’épidémie à pandémie, l’issue paraissait inéluctable. « C’est frustrant, bien sûr, même si ce n’est rien au regard de ce que certains peuvent vivre, glisse Romain Haguenauer. L’impact au Québec n’a pas la même ampleur qu’en Europe. » Gabriella Papadakis confirme : « Ici, à Montréal, les gens en parlent à peine, vivent normalement, ce n’est pas comme en Italie ou en France. » Son entraîneur gardait d’autant plus l’espoir que ces Mondiaux soient maintenus que « beaucoup de patineurs s’entraînent à l’année aux États-Unis ou au Canada, les Italiens sont arrivés depuis une semaine, les Chinois depuis deux ».

Pour le duo français, battu en janvier dans leur quête d’un sixième titre européen (2e), ce choix est « un peu dur ». « Ce sont des championnats du monde que l’on attendait depuis longtemps. C’est sûr qu’on aurait aimé finir la saison sur une très bonne compétition et pas sur les Championnats d’Europe », prolonge Papadakis. « On va se réunir demain (jeudi), voir ce qu’on va entreprendre, commencer à faire un plan pour l’année prochaine », ajoute Romain Haguenauer. À moins que l’ISU ne choisisse qu’il ne s’agira que d’un report.

Dans un communiqué diffusé mercredi soir, la fédération internationale affichait « un respect total » pour cette décision du gouvernement québécois, évacuait la possibilité de décaler ou délocaliser l’épreuve avant la fin de la saison prévue début avril mais envisageait « la possibilité que les Mondiaux 2020 se tiennent plus tard dans l’année, pas avant octobre en tout cas ».

À noter qu’au Canada, le Championnat du monde de hockey féminin, qui devait se tenir à la fin mars en Nouvelle-Écosse, a été annulé. Le mondial de curling féminin, lui, a été maintenu. Il doit débuter ce week-end en Colombie-Britannique.