Sports de glace : Didier Gailhaguet réclame au ministère des Sports une indemnisation pour préjudice

Poussé à la démission par la ministre des Sports, l’ancien président de la FFSG, Didier Gailhaguet, réclame une indemnisation en raison du préjudice subi. C’est un courrier dont la ministre des Sports Roxana Maracineanu se serait bien passée. Une demande préalable en indemnisation adressée lundi par Me William Bourdon, avocat de l’ancien président de la fédération des sports de glace Didier Gailhaguet.
Dans ce courrier de 31 pages révélé par Le Monde, Me Bourdon estime que le ministère a fait jouer à son client un rôle de « bouc émissaire » dans le scandale de violences sexuelles ayant notamment conduit la ministre à exiger le 3 février, « de façon totalement surréaliste », la démission du patron de la Fédération française des sports de glace (FFSG). « Vous avez exercé une pression décisive pour obtenir (sa) démission […] au mépris de l’indépendance de la fédération alors que cela ne relevait pas de ses attributions », ajoute-t-il. Ainsi, sommé publiquement par Roxana Maracineanu de renoncer sous contrainte à son mandat, menacé de voir sa fédération privée de sa délégation ministérielle et ciblé, selon lui, par une « véritable exécution médiatique »,Gailhaguet avait quitté son poste le 8 février. En raison du préjudice subi, son avocat réclame une indemnisation d’un montant total de 302550€ (152550€ pour n’avoir pu finir son mandat et 150000€ de préjudice moral). « Vous avez acté, sans la moindre enquête (trois mois plus tard, l’Inspection générale diligentée par la ministre pour faire la lumière sur ce scandale travaille encore) et sans aucune précaution quant aux effets que pourraient avoir de telles déclarations sur Monsieur Didier Gailhaguet, de sa supposée responsabilité », s’insurge Me Bourdon. À l’appui de ses dires, il y révèle notamment que « le 4 février 2020 et dans le contexte de cette campagne médiatique à charge, Monsieur Didier Gailhaguet a fait l’objet d’une violente agression devant le siège fédéral par un individu armé d’un couteau et pour laquelle il a déposé plainte ».

En route vers le Tribunal administratif ?

Dénonçant une « absence manifeste d’impartialité », les explications de Gailhaguet n’étant « absolument pas prises en compte » par le ministère, William Bourdon s’insurge contre une démarche « allant jusqu’à sous-entendre une forme de complicité » de la part de l’ex-président s’agissant des faits de violences sexuelles incriminés, des faits qui ne sont pas l’apanage de la FFSG. Par ailleurs, l’avocat rappelle certains propos de la ministre dessinant une possible responsabilité de l’État dans la gestion de telles affaires. « Notre système a fauté trop longtemps, à tous les étages », assurait-elle en février, cite notamment William Bourdon. Dans le droit fil de ces propos, Roxana Maracineanu avait annoncé une série de mesures destinées à lutter contre les violences sexuelles dans le sport. « Nous déduisons de la seule existence de ces mesures que le cadre de prévention des violences souffrait d’insuffisances », écrit encore William Bourdon, stigmatisant le fait que, pourtant, « les”étages” responsables se résument […] à Monsieur Didier Gailhaguet ». Pour autant, il paraît assez peu probable que le ministère réponde favorablement à la demande d’indemnisation formulée par l’ancien homme fort des sports de glace. En effet, il s’agirait alors d’un virage à 180 degrés par rapport à la ligne suivie jusqu’à présent. Du coup, un refus opposé à ce recours préalable exigé par la loi verrait sans doute Gailhaguet se tourner d’ici deux mois vers le Tribunal administratif.

Propos recueillis par l’Equipe