Patinage/Violences sexuelles : Didier Gailhaguet saisit le Défenseur des droits

Faisant suite aux récentes déclarations d’Emmanuel Macron quant à la présomption d’innocence, l’ancien président de la FFSG Didier Gailhaguet a saisi jeudi Claire Hedon, récemment nommée Défenseur des droits.
Sous pression à la fois ministérielle et médiatique, le président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet avait démissionné de son poste le 8 février, emporté par le scandale des violences sexuelles à la FFSG. Sans attendre le résultat de l’enquête de l’Inspection générale diligentée par elle-même pour faire toute la lumière sur cette affaire, la ministre des Sports Roxana Maracineanu avait réclamé, dès le 3 février, le départ de Didier Gailhaguet de la Fédération, menaçant de retirer à la FFSG sa délégation ministérielle s’il refusait de jeter l’éponge.

« Il est ainsi surprenant de constater que ces principes seraient valables pour un ministre accusé de viol et non pour le président d’une fédération »

« Une telle situation, indiquent ses avocats Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth dans leur courrier à Claire Hédon, nous semble d’autant plus incompréhensible et à géométrie variable que, pour des faits reprochés à Monsieur le Ministre Gérald) Darmanin, le président de la République française, M. Emmanuel) Macron a déclaré lors de son allocution télévisée du 14 juillet 2020 :”Aussi vrai que je crois à la force des causes justes, aucune cause n’est défendue justement si on le fait en bafouant les principes fondamentaux de notre démocratie. Si quelqu’un est accusé mais pas jugé, il devient la victime d’un jugement de rue parce qu’il y a de l’émotion” et ”je suis aussi de là où je me place, le garant de la présomption d’innocence”. » 

« Il est ainsi surprenant, poursuivent les conseils de Didier Gailhaguet, de constater que ces principes seraient valables pour un ministre accusé de viol et non pour le président d’une fédération censée être indépendante de l’État et qui se verrait reprocher sa supposée absence de réaction suite à des révélations de violences sexuelles, sans enquête préalable et sans plainte déposée. »

« Difficile de ne pas voir dans ce qui précède, ajoutent-ils, l’expression d’un”deux poids deux mesures” qui préjudicie totalement à M. Gailhaguet, en plus de faire fi de son bilan à la tête de la FFSG. » Cette affaire fait actuellement l’objet d’un recours en responsabilité déposé par les avocats de l’ancien patron du patin bleu devant le Tribunal administratif de Paris à l’encontre du ministère des Sports. Ils réclament pour leur client une indemnisation d’un montant de 302 550 euros, en raison du préjudice subi. Les défenseurs de Didier Gailhaguet sollicitent donc de la part de Claire Hédon « l’ouverture d’une enquête sur les agissements ci-dessus exposés » et, d’autre part, qu’elle produise « des observations dans le cadre de la procédure pendante devant les juridictions administratives ».