Hockey/Synerglace Ligue Magnus : « Un règlement de compte »

Alors que les Scorpions ont été autorisés à jouer en Ligue Magnus mercredi dernier, leur président Mark Swenson a décidé de sortir de son silence. Pour lui, la CNSCG (*) a tout fait pour empêcher les Mulhousiens de rester parmi l’élite française. « Ça a été une véritable chasse aux sorcières, un règlement de compte ». En une phrase, Mark Swenson a résumé le sentiment qui anime aujourd’hui un club haut-rhinois qui aurait pu tout perdre lors de ces trois dernières semaines. Que son dossier soit rejeté en première instance par la CNSCG (*) , le président mulhousien peut l’accepter, « puisqu’il manquait des documents… qu’on a fournis par la suite ».

« Ça aurait pu nous étouffer »

C’est pourquoi il n’a jamais compris l’acharnement du gendarme financier à l’égard de son club. « Peut-être qu’on voulait nous faire payer quelque chose. Par rapport à l’historique du club (Ndlr : en référence au titre de champion de France 2005 qui a précédé la liquidation) ou alors à notre action lors des play-offs la saison dernière (en raison de la crise sanitaire qui frappait le Haut-Rhin de plein fouet, les Scorpions avaient été écartés par la Fédération au beau milieu des quarts de finale avant d’être réintégrés)… Les représentants de la CNSCG ont été arrogants avec nous, irrespectueux. Mais cette fois, ils ont poussé le bouchon trop loin et, moi, j’étais sûr de mon dossier. »

Parce que « rien dire, c’est accepter et on ne peut pas tout accepter », Mark Swenson démonte, documents à l’appui, tous les arguments de la CNSCG. Un par un. « On nous a d’abord refusé notre dossier parce que les Scorpions avaient une créance douteuse envers Synerglace. Notre sponsor, celui qui est aussi associé au nom de la Ligue Magnus », s’emporte Swenson. « Ensuite, la CNSCG a souligné le caractère frauduleux d’une facture sans objet, bien qu’aucune loi fiscale ne nous impose de mettre un objet sur une facture. Enfin, elle a reproché au Fonds de dotation des Scorpions de couvrir les frais engendrés par l’équipe U20, chose que ce fonds est autorisé à faire. Et de plus, cela ne regarde même pas la CNSCG. Elle est sortie de son domaine de compétences. Elle a tellement cherché la petite bête pour essayer de nous faire couler que c’en est devenu ridicule. Mais elle aurait pu y arriver, ç’aurait pu nous étouffer si cette affaire avait trop traîné. Mais on est toujours là. Cela a peut-être brisé notre dynamique, mais on va redémarrer. Encore plus fort ! » Maintenant qu’ils n’ont plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, les Scorpions peuvent se concentrer sur la saison à venir. Une saison qui sera « forcément différente, mais qui peut bien se passer si tous les acteurs de notre sport tirent dans le même sens », souligne Mark Swenson. Mais à trois semaines de la reprise de la Ligue Magnus, les Mulhousiens n’ont toujours pas disputé le moindre match de préparation et n’en ont aucun à leur programme.

La jauge de l’Illberg est aujourd’hui à 1200 places

Au rayon des bonnes nouvelles, les Scorpions peuvent se féliciter de n’avoir aucun joueur positif au Covid-19 depuis la reprise. L’Américain Colin Downey, le seul à ne pas encore avoir rallié la patinoire de l’Illberg, débarquera en France le 12 septembre prochain. « Et enfin, comme Mulhouse est repassé en zone verte (Ndlr : pour le moment, mais la situation peut évoluer d’un jour à l’autre), il n’y a plus de restriction concernant le public », se réjouit Mark Swenson. « Ça veut dire que seules les places debout sont interdites. » Les 1200 autres sont donc ouvertes aux spectateurs. Qui devront acheter leurs billets au jour le jour puisque le club mulhousien a décidé d’annuler la campagne d’abonnements pour cette saison compte tenu du contexte imprévisible de la crise. Mais au vu des derniers événements, c’est ne peut-être pas si grave que ça…

(*) Commission nationale de suivi et de contrôle de gestion

Propos recueillis par Marc Calogero (L’Alsace)