Patinage : Une assemblée générale pour remodeler la FFSG

Réunie samedi dernier en assemblée générale extraordinaire à Paris, la fédération française des sports de glace doit voter une modification des statuts, proposée par la nouvelle présidente Nathalie Péchalat. Parmi les changements, la limite à trois mandats pour le président interdirait à Didier Gailhaguet de se représenter.
Changer les statuts. C’était déjà le leitmotiv de la candidate Nathalie Péchalat. Depuis son élection à la tête de la fédération française des sports de glace, le 14 mars dernier, son discours n’a pas évolué. « Tant que les statuts n’auront pas été modifiés, on sera toujours dans le viseur du ministère », rappelait-elle le mois dernier, au moment de la diffusion des conclusions du rapport de l’inspection générale du ministère des Sports.

Depuis le livre de Sarah Abitbol Un si long silence, des violences sexuelles dans le patinage artistique, une procédure de retrait d’agrément a été engagée. Si elle allait à son terme, la FFSG disparaîtrait. Pour qu’elle soit levée, les nouveaux statuts doivent être votés samedi à Paris par les deux tiers des votants (environ 159 clubs ayant plus ou moins de voix selon le nombre de licenciés, pour un total de 854 voix).

Le quorum au centre du jeu

C’est dire l’enjeu de cette AG extraordinaire, initialement prévue en juin et reportée du fait de la pandémie. Le contexte sanitaire actuel pose la question du quorum : la moitié des clubs représentant la moitié des voix doivent être présents physiquement. En l’absence de quorum, cette AG extraordinaire serait reportée aux 10 et 11 octobre, dates de l’AG ordinaire et cette fois le vote des statuts pourrait avoir lieu sans quorum.

Sur quels changements les présidents de club doivent-ils se prononcer ? Selon nos informations, onze articles des statuts actuels ont été modifiés car ils ne correspondaient plus au code du sport. L’existence d’un Comité d’éthique et de déontologie et d’une charte éthique, par exemple, n’y est pas inscrite. Inconcevable désormais, alors que la fédération a l’obligation d’être irréprochable sur ces sujets.

Le conseil fédéral serait également modifié (moins de membres, une répartition différente) et la répartition des voix des clubs selon leur nombre de licenciés retouchée pour donner plus de poids aux clubs de petite ou moyenne taille.

La limitation à trois mandats pour le président fait débat

Mais la nouveauté qui fait le plus parler, c’est la limitation à trois du nombre de mandats possibles à la présidence de la FFSG. Dans une fédération toujours marquée par le long règne de Didier Gailhaguet (président entre 1998 et 2020, avec une parenthèse entre 2004 et 2007), il s’agirait là d’une véritable révolution culturelle. D’autant que ces statuts empêcheraient Didier Gailhaguet, qui depuis sa démission le 8 février a entamé des procédures judiciaires à l’encontre du ministère des Sports, de briguer s’il le souhaitait un septième mandat après les JO 2022.

La mesure, qui figurait dans les engagements de campagne de Nathalie Péchalat, fait beaucoup s’agiter. Certains estiment que trois mandats c’est encore trop, d’autres que cette limitation n’est pas souhaitable, et qu’il s’agit d’une nouvelle attaque ad hominem visant l’ancien homme fort de la FFSG, et dictée par le ministère.

Les nouveaux statuts ont été validés le 5 septembre par le conseil fédéral, à l’issue d’un long débat. À l’exception de deux nouveaux membres, élus en même temps que Nathalie Péchalat, ce conseil fédéral avait été élu en 2018, en même temps que Didier Gailhaguet et ne sera renouvelé qu’en 2022. Sa présidente, Maryvonne Del Torchio, qui avait assuré l’intérim à la tête de la FFSG après le départ de Didier Gailhaguet, ayant démissionné en juin, il est désormais présidé par Michel Abravanel.

C’est désormais aux clubs, durement touchés ces derniers mois à la fois par les révélations concernant les violences sexuelles dans le patinage artistique et par les fermetures liées au Covid-19, de se prononcer.

Source: l’Equipe