Portrait: Grégoire Mehl, l’ancien hockeyeur devenu avocat au Tribunal du Sport de Lausanne

Ancien joueur de hockey sur glace, Grégoire Mehl (47 ans) est avocat au barreau de Strasbourg depuis 2004. Depuis quelques mois, il émarge au Tribunal du Sport de Lausanne comme avocat commis d’office. L’occasion de développer son fort intérêt pour le droit du sport.

C’est sur la glace, de 6 à 34 ans, que Grégoire Mehl a roulé sa bosse avec patins, crosse, casque et tout l’équipement du hockeyeur. S’il a surtout joué à l’Étoile Noire de Strasbourg, il a aussi été en équipe de France militaire, une saison à Briançon et une année au Canada où ses études l’avaient amené. Sa carrière sportive, il l’a menée au poste de défenseur. Dans la vraie vie, il est avocat ; ça ne s’invente pas. DEA décroché à la Faculté de Droit de Strasbourg, un crochet par le Canada, un Master 2 en Management du Sport et des Loisirs et, plus récemment, un Diplôme universitaire “Acteurs du sport” : son tableau de chasse est garni.

De 10 à 15 % de son activité pour l’instant

« En France, beaucoup de formations se développent en ce moment autour du droit du sport, se réjouit-il. Les besoins sont là, il faut que ça rentre dans les mœurs de faire appel à un avocat pour intervenir dans ce domaine. Pour l’instant, je n’ai pas assez de dossiers de ce type pour remplir mes journées. Cela représente entre 10 et 15 % de mon activité. J’espère que ça va augmenter. » En attendant, Grégoire Mehl intervient dans des affaires plus traditionnelles qui relèvent du droit pénal, du droit de la famille et du droit des étrangers. Cour d’assises et audiences en correctionnelle sont des décors qui lui sont familiers.

En parallèle, il renforce peu à peu sa connaissance et son expertise du droit du sport. Toujours proche de l’Étoile Noire, il a assisté son club de cœur lors de contentieux avec la Fédération et un sponsor. Quand le statut du club est passé d’association à société, Me Mehl était présent. Il a aussi traité des dossiers pour les clubs de hockey de Nantes, Gap, Dijon et Toulouse.

En Alsace, il accompagne le club de handball de l’ATH (D2 féminine). « C’est l’exemple parfait d’une structure en voie de professionnalisation, explique-t-il. Quand des problématiques liées à ce processus sont apparues, l’ATH a fait appel à moi. J’exagère à peine en disant que la différence entre un contrat d’un footballeur du Paris SG et d’une handballeuse de D2, c’est le montant de la rémunération car les obligations et le cadre juridique sont les mêmes. »

On retrouve également Grégoire Mehl à titre bénévole dans l’équipe qui anime “Agisport”, un fonds de dotation créé à Strasbourg en 2008 regroupant des entreprises qui aident financièrement des sportifs de haut niveau dans leur activité et dans leur reconversion.

Ses connexions avec le sport ont atteint un nouvel échelon en novembre dernier. Le 11, sur son blog, il annonce figurer sur la liste des avocats pro bono (*) du Tribunal arbitral du sport (TAS), une institution internationale et indépendante située à Lausanne (voir encadré). Maître Mehl émarge désormais à l’international et pas dans n’importe quelle boutique.

« Une corde de plus à mon arc »

« Après l’obtention de mon dernier diplôme et avec la pratique, je me sentais assez armé pour poser ma candidature au TAS, indique-t-il. J’ai fourni un CV, expliqué ma démarche et fait savoir que j’étais disponible. J’ai envoyé mon dossier par mail et deux mois plus tard, j’ai eu la réponse. Je ne sais pas combien nous sommes mais le TAS étant international, on trouve des avocats commis d’office dans le monde entier. »

« Si une affaire arrive devant le TAS, c’est qu’elle a franchi d’autres étapes auparavant, ajoute-t-il. Ce sont des affaires lourdes, plus qu’un simple conflit entre un entraîneur et son club. Le cas de Michel Platini et de la FIFA est un des derniers exemples marquants. La justice sportive m’intéresse beaucoup. Figurer sur la liste du TAS est une corde de plus à mon arc et permet de me faire connaître. Pour l’instant, je n’ai pas encore été sollicité mais un jour, le téléphone peut sonner et c’est parti ! »

(*) Le terme pro bono vient du latin pro bono publico (pour l’intérêt public). Il consiste à mettre ses compétences gratuitement dans des initiatives d’intérêt général.

 

Source : Dernières Nouvelles d’Alsace (www.dna.fr), Christophe Schnepp, photo Marc Rollmann