Hockey/Synerglace Ligue Magnus : CNOSF, titre, lettre et mise au point

Saisi par Grenoble, le CNOSF s’est réuni en audience de conciliation le 26 mars dernier. L’arbitre olympique a tranché en faveur de Grenoble estimant que le titre de champion de France ne peut pas être attribué au premier de la saison régulière. En clair, il a recommandé d’annuler la décision de la FFHG (fédération française de hockey sur glace) d’attribuer le titre de champion de France au vainqueur de la saison régulière, qui a permis à Rouen d’être sacré. Pour l’heure la FFHG n’a pas encore réagi. Si elle rejetait la proposition du CNOSF, « l’action judiciaire sera l’ultime issue », annonce Jacques Reboh. Le président du club isérois vient d’écrire à tous les présidents de la ligue professionnelle, une sorte d’explication de sa démarche mais aussi une mise au point…

« Chers Présidents, Je reviens vers vous dans le dossier opposant la société GMH 38 à la FFHG.
Par courrier du 19 Mars 2021, j’ai formé une demande de conciliation auprès du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) .Les fondements de mon action étaient de contester les décisions du 5 mars 2021 du bureau directeur de la FFHG : de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière 2020/2021 de la Synerglace Ligue Magnus, d’attribuer un titre de Champion de France de la SLM au vainqueur de la saison.
L’audience de conciliation du CNOSF s’est donc déroulée le 26 Mars 2021. Le 1er Avril 2021, les conciliateurs ont proposé d’une part, à GMH 38 de s’en tenir à la décision du bureau directeur de la FFHG du 5 mars 2021 en ce qu’elle a décidé de ne pas organiser de play-offs à l’issue de la saison régulière 2020/2021 et d’autre part, proposé à la FFHG de rapporter la décision contestée en ce qu’elle a décidé d’attribuer le titre de Champion de France au vainqueur de la phase régulière 2020/2021.
Cette proposition de conciliation que notre club va probablement valider sera malheureusement lourde de conséquences.
Elle rappellera à la Fédération que la Ligue Magnus est un trophée prestigieux, et qu’il ne doit pas être galvaudé et mérite d’être traité rigueur, équité et professionnalisme.
Si la Fédération venait à valider cette proposition de conciliation, l’emblématique équipe des Dragons, ainsi que tous leurs fans, seront les victimes de cette légèreté et devront rendre ce trophée qui leur a été offert indûment.
Je regrette sincèrement cette situation et j’espère que les Rouennais ne nous tiendront pas rigueur d’avoir été le révélateur de cette imposture fédérale.
Je sais pour avoir échangé avec lui, que M. Thierry Chaix, comprend mon action.
J’en profite par ailleurs pour féliciter Les Dragons pour la belle saison sportive qu’ils ont réalisée.
Ce combat pour l’honneur de notre Ligue s’inscrit malheureusement dans la continuité de celui que j’avais déjà dû mener l’année dernière.
Je vous le rappelle, ce moment des Play-offs où j’avais dû m’opposer et défendre l’équité sportive, ce moment où la Fédération avait qualifié arbitrairement en demi-finale les Gothiques au détriment des Scorpions, avant le terme de la série.
Quelques jours plus tard la beauté du sport s’était d’ailleurs chargé de me légitimer et de rappeler à la Fédération le bien fondé de ma lutte.
Le temps de l’apaisement est maintenant venu.
Je souhaite, Messieurs Les Présidents de clubs, que vous puissiez accepter mes sincères excuses ; je me suis longuement remis en cause ces derniers jours. J’ai compris que les nombreux combats que j’ai mené cette année contre notre autorité de tutelle, avec véhémence, passion, combativité ont souvent été considérés comme de l’arrogance.
Je vous le garantie, il n’en est rien, il s’agissait uniquement pour moi d’affirmer mon désaccord, malheureusement avec une maladresse naïve.
Mon seul et unique objectif était de garantir la pérennité de notre ligue et de pérenniser chacun de nos clubs, pour que la saison prochaine soit belle et spectaculaire.
Nous sommes une belle équipe de passionnés, éclectiques, mais riche de ces différences.
Je regrette aujourd’hui mes envolées et surtout de ne pas avoir réussi à vous faire comprendre mes messages.
Tous ces thèmes de discordes, je les ai portés avec mon Cœur dans l’intérêt de l’économie de nos clubs et de l’équité sportive tels que : la préservation du droit des joueurs, l’éligibilité au chômage partiel, la fin anticipée du championnat, l’aide à la billetterie, les play-offs, les places européennes, l’attribution du titre de Champion, n’avaient qu’un seul but, je vous l’assure, préserver l’économie des clubs et l’honneur de notre Ligue. Je suis un passionné et il m’a fallu du temps pour que la sagesse guide mes pas.

Lors de l’audience du CNOSF, j’ai découvert avec douleur, que M. Eric Ropert avait instrumentalisé tous les clubs en leur demandant d’attester contre notre club. Au-delà de la mesquinerie et de la lâcheté de cette action, que nous pourrions comparer à celle d’un Coach qui demande à tous les joueurs d’attester à charge contre un gars de l’équipe, ces attestations m’ont extrêmement affecté.
Je vous l’assure, elles m’ont meurtri, blessé, certain de vos mots résonnent encore.
Seuls les Présidents des clubs de Mulhouse et Rouen ont conservé cette juste réserve et n’ont pas attesté, je les en remercie sincèrement.
Enfin, il reste dans cet environnement d’amateurisme latent, un sujet à traiter : l’attribution de la place en Continental Cup dont il me semble comprendre de nos réunions qu’elle a été promise à Amiens (comme pour les BDL pour la place en CHL) et qu’elle va probablement être attribuée à Angers, sur un fondement réglementaire que j’ignore.
Cette attente est malsaine. J’espère que nous serons rapidement fixés.
Comme sur la glace, lorsque l’arbitrage n’est ni légitime ni juste, les joueurs se font justice eux même… mais ce n’est jamais l’arbitre qui va sur le banc des pénalités.

En mettant en perspective l’ensemble de ces errements ainsi que d’autres que j’aurais pu évoquer, la mise en œuvre d’une ligue professionnelle est la seule solution pour que notre sport grandisse. Notre sport, nos clubs, notre investissement, notre passion méritent de retrouver la sérénité et la confiance dans sa ligue, dans son organisation, dans sa règlementation, dans sa promotion. La ligue professionnelle sera salvatrice, elle doit être un objectif commun. Il s’agit de notre avenir et de notre pérennité. Enfin, pour ceux qui se reconnaîtront et qui ont changé de camp ces dernières semaines, je garderai de tout cela cette citation de Voltaire qui nous rend plus fort : Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge. Merci d’avoir pris le temps de me lire, au plaisir de vous accueillir à Pôle Sud. Cordialement, Jacques REBOH »