Hockey/Synerglace Ligue Magnus : les trois meilleures recrues du championnat

Le site passionhockey.com et son journaliste Marc Branchu viennent de faire un premier point sur les meilleures recrues de l’intersaison. Le site précise qu’il s’agit uniquement des nouveaux visages du championnat, et non des transferts « internes ». Le site passe au crible les trois profils les plus intéressants. Une évaluation évidemment provisoire puisque le représentant en CHL Rouen n’a pas encore recruté. Amiens l’a fait quelques heures avant la publication du présent article avec Stanislav Lopachuk. L’international biélorusse pourrait être candidat à la troisième place mais il ne bousculera en aucun cas la hiérarchie des deux premiers.

1 – Jakub Štěpánek (Grenoble, gardien)

Un champion du monde à Grenoble, c’est le label qui fait vendre, forcément. Mais ce n’est pas le plus pertinent. Si le gardien a passé la médaille d’or autour du cou en 2010, il n’est pas entré en jeu lors de ce tournoi. Il faut remonter un an plus tôt pour assister à sa révélation. Il a 22 ans en 2008/09 quand il est élu meilleur débutant du championnat tchèque (il n’avait joué que quelques rencontres les saisons précédentes). Il devient alors international, dans une équipe de République tchèque qui ne sait plus à quel gardien se vouer quand Vokoun déclare forfait. Il ne compte que 3 sélections, n’a même jamais joué de championnat du monde junior, et est propulsé titulaire au premier match du Mondial 2009. C’est le début de quatre années où il a participé à toutes les compétitions internationales pour la sélection tchèque. En 2010 et 2011, il était remplaçant derrière les portiers de NHL Vokoun et/ou Pavelec, mais en 2012, il semblait retrouver une place de titulaire… jusqu’à ce que le coach lui préfère Jakub Kovář dans la phase éliminatoire. Il est rentré à la fin de la demi-finale – trop tard – et a gagné le bronze. « Sa » médaille, cette fois, dans laquelle il a pris une part prépondérante. Entre-temps, il s’était établi en KHL au SKA Saint-Pétersbourg, où il avait éjecté de la cage en quelques mois Evgeni Nabokov, gardien russe rentré de NHL à grand renfort de tambours et trompettes. À 35 ans, Jakub Štěpánek pensait finir sa carrière dans sa Moravie natale. Il était encore sous contrat pour la saison prochaine. Mais en plus de Kacetl, Třinec avait aussi engagé Marek Mazanec, passé par la NHL et considéré comme un de meilleurs gardiens du championnat tchèque. Une concurrence à trois en perspective. Grenoble l’a contacté, lui a fait visiter la ville, et l’a convaincu en lui témoignant de la confiance… et une offre attractive. Pour débaucher ce profil, il fallait ça. « Plus cher que Horák mais dans le budget », a précisé le club, qui témoigne de ses ambitions intactes en frappant fort par ce recrutement.

2 – Matthew Pistilli (Mulhouse, ailier droit)

Matt Pistilli, né à Montréal, est bien connu dans la Belle Province pour avoir été champion de LHJMQ en 2008. Les Olympiques de Gatineau comptaient alors dans leurs rangs les quatre meilleurs marqueurs des play-offs : le quatrième était Patrik Prokop, ancien international junior tchèque devenu un pilier de Nantes, les trois premiers étaient la super-ligne Byron-Giroux-Pistilli, que personne ne pouvait arrêter durant ces séries. Claude Giroux était considéré comme le meilleur joueur du hockey junior, il est ensuite devenu une grande star de NHL. Paul Byron sortait du lot par sa vitesse de patinage, sa place en NHL n’était pas assurée du fait de sa petite taille (sixième tour de draft) mais il y a fait son trou et participe actuellement aux superbes play-offs de Coupe Stanley des Canadiens de Montréal. Pistilli, lui, n’était pas drafté, mais sa complémentarité avec ses deux collègues était louée. Ses performances en junior ont quand même attiré l’attention des franchises de NHL. Il a été invité au camp de San José à la rentrée suivante, sans suite, et un an plus tard il a signé comme agent libre avec les Hurricanes de la Caroline. Ils l’ont gardé trois ans dans leur système, principalement en AHL, mais sans lendemain. On ne lui trouvait pas assez d’agilité de patinage pour un rôle offensif en NHL, pas vraiment l’impact physique pour un rôle défensif. Et on parle bien là de la NHL… Si on se place un voire deux niveaux en dessous, il est unanimement considéré comme un bon patineur, avec une vraie présence physique. Pourquoi Mulhouse ? Pour la Magnus, on espère vous en avoir convaincu, Matthew Pistilli est un gros calibre. Pour Mulhouse, a fortiori. Pour qu’il ait choisi les Scorpions, il faut forcément qu’il y ait eu des facteurs favorables. Il y en a deux. Le premier est géographique : sa femme travaille à Stuttgart, à 2h30 de route de Mulhouse. Le second est l’entraîneur (et directeur sportif) : Pistilli connaît son futur coach Alexandre Gagnon, québécois comme lui, et né la même année.

3 – Evan Cowley (Angers, gardien)

Evan Cowley est recruté par l’université de Denver pour remplacer Juho Olkinuora (le gardien récemment vice-champion du monde pour la Finlande) qui a décidé de passer pro sans attendre fin de son cursus universitaire. Quelques jours plus tard, il est repêché au quatrième tour de draft par les Florida Panthers. Il n’a pas encore 18 ans, mais dans l’insouciance de la jeunesse, tout semble lui sourire et une belle carrière professionnelle semble s’ouvrir à lui. Les deux, mon général. Il a la double nationalité. Il est né au Canada mais il a grandi à Evergreen dans le Colorado. Il a donc recruté comme « enfant du pays » par l’université de Denver. Sa formation d’hockeyeur est entièrement américaine, et il a fait un camp de gardiens et quelques matches amicaux avec l’équipe nationale des moins de 18 ans dans le cadre du programme de développement des États-Unis. Une carrière universitaire réussie ? Sur le plan des résultats collectifs, oui, puisqu’il a été champion NCAA en 2017. Un trophée prestigieux et très difficile à remporter, convoité par une soixantaine d’universités au début de chaque saison. Mais ce trophée a été remporté par l’autre gardien, Tanner Jaillet, qui a joué toutes les phases finales nationales et qui a été élu gardien universitaire de l’année. Jaillet, qui fait 15 centimètres de moins et n’était non drafté, est entré plus tard mais aussi plus âgé à l’université et a supplanté Cowley. Dans tous les cas, la perte de sa place de titulaire a barré les rêves de NHL de Cowley. Les Panthers de Floride l’ont invité à un camp, mais jamais signé. À sa sortie d’université, il a été engagé avec une équipe d’AHL (les Thunderbirds de Springfield). Il n’était que cinquième dans leur hiérarchie mais a tiré son épingle de jeu en profitant de blessure pour jouer 14 matches en AHL. La suite de sa carrière s’est ensuite faite en Europe. La carrière européenne ? De très bonnes stats en Pologne (93% d’arrêts) ? Non. La qualité des stats de gardien est toute relative dans certains championnats, et la Pologne en fait partie. Tous les portiers y ont des stats un peu gonflées qu’il ne faut pas surévaluer.

Des stats inquiétantes au Danemark ? Encore non. Il était sous les 90% d’arrêts avec Odense en 2019/20, mais les remarques sur les stats polonaises valent à l’envers pour les chiffres danois, car le meilleur gardien cette saison-là était à 91% à peine. Surtout, Evan Cowley évoluait dans un club de bas de tableau, dernier du championnat, ce qui permet rarement à un gardien de briller sur le plan statistiques.