Patinage/Masters d’Epinal : Kevin Aymoz va proposer son nouveau programme libre

Le patineur français Kevin Aymoz patine pour la première fois ce vendredi à Épinal son nouveau programme libre, créé avec le chorégraphe venu du hip-hop Mehdi Kerkouche.

À l’été 2020, contraint par les restrictions sanitaires, Kevin Aymoz avait chorégraphié lui-même ses programmes de la saison à venir. Pendant l’hiver, le patineur se disait « très fier » de ce qu’il était parvenu à faire. Sans perdre son esprit critique : « Quand je regarde la vidéo, je me dis il n’y a rien qui est beau. »Ce rappel permet mieux de comprendre le sourire qu’arborait le patineur, 9e des Mondiaux 2021, à la patinoire de Bercy, en cette fin de mois de mai.Le Grenoblois préparait son programme libre de la saison à venir, en compagnie de sa coach Silvia Fontana, basée en Floride et dont il était séparé physiquement depuis le premier confinement, et du chorégraphe Mehdi Kerkouche. Venu du hip-hop, Kerkouche est un éclectique, des plateaux de Miss France et de Mask singer à sa compagnie contemporaine Emka qui s’est produite au Palais de Tokyo avant le Covid. Durant le confinement, il a fabriqué avec ses danseurs des vidéos devenues virales. Dans la foulée, il a été contacté par Aurélie Dupont, et est devenu le premier chorégraphe venu du hip-hop à travailler avec les danseurs du ballet de l’Opéra. Kevin Aymoz a lui aussi voulu travailler avec lui. « Je cherchais quelqu’un d’extérieur, pour apporter quelque chose d’inattendu, raconte le patineur, 3e de la Finale du Grand Prix 2019. J’ai regardé pendant plusieurs mois les vidéos de Mehdi, et puis je l’ai contacté. » De son côté le chorégraphe raconte, «j’ai failli avoir une expérience avec un couple de patineurs il y a quelques années, qui sont séparés au bout de deux jours de travail, précise le chorégraphe. J’avais déjà eu envie de m’y intéresser mais je ne m’y étais pas plongé par la force des choses. Et Kevin m’a appelé. » Le duo a d’abord travaillé dans un studio de danse, avant de se mettre d’accord sur la musique (Outro du groupe de musique électronique M83) et de monter la chorégraphie sur glace.

Un syndrome pubalgique l’a coupé dans son élan

Cette collaboration a permis à Kerkouche de découvrir les impératifs sportifs et les interdits de la glace. « J’ai envie de glisser moi aussi ! » s’amusait-il le jour de notre venue, en quête de patins. Sur un point, le chorégraphe n’était pas dépaysé : « C’est rigolo, c’est un petit format comme moi Kevin ! ». Outre leur morphologie voisine, les deux hommes partagent l’amour du mouvement. Passionné par l’aspect créatif de son sport, Aymoz, qui rêve plus tard d’être chorégraphe, avait le sentiment d’avoir découvert une écoute de la musique moins superficielle, et des mouvements qu’il n’imaginait pas.  « Je me trouvais assez agile et bon danseur. Et finalement, quand j’ai rencontré Mehdi, je me suis rendu compte que ce que je connaissais, c’était tout petit. » Un syndrome pubalgique a plombé l’été du patineur, le contraignant pendant deux mois à l’inactivité. À Grenoble, Aymoz n’a pu reprendre les sauts qu’il y a trois semaines. « J’avais la frousse de venir », reconnaissait-il jeudi après son programme moins ambitieux techniquement qu’habituellement mais réussi sur Question of U de Prince, qui lui avait tant souri en 2019.

Source : L’Equipe ; Clémentine Blondet